Les interviews

Delphine Quirin
Modiste

Delphine Quirin est modiste et créatrice d’accessoires

~ Quel est votre parcours ?

J’ai suivi des humanités classiques puis j’ai fait l’histoire de l’art à l’Université de Liège. J’ai aussi suivi des cours du soir de modiste. Après mes études, je suis partie 6 mois en Amérique du sud et à mon retour, je me suis lancée dans la création de chapeaux, essentiellement pour des cérémonies. Mon activité s’est ensuite étendue et je crée aussi des gants, des écharpes, des bonnets, etc. J’ai d’abord travaillé chez moi avant d’ouvrir ma boutique à Liège. J’ai ensuite présenté mes créations dans les salons.

~ Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans la création de chapeaux?

J’adore coudre depuis que je suis toute petite. Personnellement, je portais aussi des chapeaux. J’aime beaucoup le travail de modiste car il permet de voir assez vite et concrètement ce que l’on crée. On travaille en 3D, c’est assez proche de la sculpture et c’est plus facile à concevoir qu’un vêtement d’un point de vue technique.

~ En quoi consiste concrètement votre travail ?

Je suis en recherche constante. J’ai toujours beaucoup d’idées, je teste et je rate beaucoup aussi ! Je ne fais pas de dessin préalable, je pars surtout de la matière. C’est la matière que je trouve qui va déterminer le modèle que je vais créer. Je réalise évidemment un prototype.

De façon générale, j’essaie de créer des pièces sobres, simples, pas trop grandes mais agrémentées d’une petite touche comme un bijou, par exemple. Tout est fait main dans mon atelier.

J’ai commencé par réaliser des modèles uniques et sur-mesure mais maintenant, je propose plusieurs exemplaires de chaque pièce, surtout lorsque je présente mon travail dans les salons. Aussi, il arrive que dans le cas de certains modèles précis (à pois, par exemple), les clients puissent choisir leur combinaison de couleurs.

~ Avec quels matériaux travaillez-vous principalement ?

Pour les chapeaux de cérémonie, plus traditionnels, je travaillais avec la paille, le feutre. Lorsque j’ai fait mon premier salon à Paris en 1999 (Salon de l’accessoire de mode Première Classe, ndlr), j’ai présenté des modèles en maille fine et ça a très bien marché. Je travaille le tricot à la machine, la laine bouillie, plus adaptés à des objets de la vie de tous les jours.

Les matières utilisées en hiver (mohair, laine, cachemire, etc.) donnent par ailleurs plus de possibilités. En été, on est souvent limité au coton.

~ Travaillez-vous en équipe ?

Oui, je dirige une équipe de 3 personnes, avec parfois des renforts. Ce sont essentiellement des  couturières ou des tricoteuses.

~ Qu’est-ce qui est le plus important pour vous lorsque vous créez un chapeau ? A quels aspects faites-vous particulièrement attention ?

Je suis très attentive aux matières utilisées. Il faut que l’objet soit techniquement bien réalisé aussi. Je veux que l’on puisse le porter au quotidien, qu’il embellisse la personne. Il doit avoir un côté à la fois pratique, confortable mais aussi élégant. L’important pour moi est de rester sobre et simple.

~ Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

J’ai l’avantage d’exercer un métier que j’aime et que je gère à ma façon. Mais le statut d’indépendant n’est pas facile, nous n’avons pas beaucoup d’aides. Il faut être multifonctions et ne pas négliger tous les autres aspects qui gravitent autour du métier. La charge créative et administrative est très importante et n’est pas évidente à gérer au quotidien. Il faut aussi pouvoir gérer correctement son activité car financièrement, ça n’est pas toujours facile. Ceci dit, j’ai toujours été prudente à ce niveau-là, je n’ai jamais vraiment pris de risque ou eu la volonté d’étendre mon activité, de produire en plus grandes quantités. Le rythme de production actuel me convient parfaitement.

~ Quelles sont selon vous les qualités à posséder pour devenir modiste ?    

Il faut être créatif, méticuleux, respecter des délais, surtout pour les chapeaux de cérémonie. Il faut savoir prendre son temps et avoir une bonne technique. Enfin, il faut aussi être conscient des enjeux psychologiques, de la façon dont il faut s’adresser au client dans le sur-mesure.

~ Quelle est justement votre clientèle ?

Je travaille pour des boutiques qui achètent mes modèles pour les vendre. Il peut s’agir de grands magasins ou de petites enseignes. Je réalise également des modèles pour des spectacles. J’ouvre l’atelier 2 fois par an pour les particuliers. Cela me permet de voir mes créations portées. De façon générale, je touche toutes les générations.

 

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